Charles Gounod (1818-1893)

Compositeur de la fin du 19ème siècle, passeur romantique vers la musique du 20ème, contemporain de Wagner, Verdi et Offenbach, Charles Gounod est surtout connu pour ses opéras, et en premier lieu Faust, (mais aussi Mireille, Romeo et Juliette, Sapho) bien qu’il ait touché à tous les genres musicaux et ait écrit plus de 600 œuvres :

cantates, mélodies, oratorios, motets, musiques instrumentales et messes.

Né à Paris en 1818 d’une mère pianiste et d’un père artiste peintre qu’il perd à l’âge de 5 ans, il fait ses études au Conservatoire. Il se présente 3 fois au Grand Prix de Rome puis, ayant obtenu le premier prix en 1939, s’installe à Rome de 1840 à 1842 et s’y lie d’amitié avec Ingres, Fanny et Félix Mendelssohn. Une recherche mystique l’entraîne vers des compositions religieuses qu’il n’abandonnera jamais.

Après un séjour à Vienne et Leipzig, il est nommé à Paris maître de chapelle des Missions étrangères, puis, à partir de 1848, sollicité par la chanteuse Pauline Viardot, il évolue vers la musique d’Opéra, tout en continuant à écrire messes, motets et cantiques, toujours inspirés par une grande foi.

En 1852, il est nommé directeur de l’Orphéon de Paris, puis des écoles communales, et s’installe à St Cloud pour de nombreuses années fécondes. Bien que Faust, créé en 1859, n’ait reçu qu’un succès médiocre, provoquant un épisode dépressif dont il est coutumier, Charles Gounod ne renonce pas à l’opéra, mais se consacre également à des œuvres religieuses, parmi lesquelles le célèbre Ave Maria, construit sur un prélude de J.S. Bach.

La guerre de 1870 et l’occupation allemande lui font préférer un exil en Angleterre où il compose, outre deux oratorios, la cantate Gallia. Rentré en France en 1874, fatigué, déprimé par ses difficultés personnelles et juridiques avec la famille Weldon qui l’avait accueilli, il n’en continue pas moins à composer. Bien qu’il soit mondialement connu, la plupart de ses œuvres ne sont pas largement appréciées. C’est cependant le succès d’une poignée d’entre elles qui lui permettra une vie plus sereine à partir de 1885, alors que le public découvre César Franck, Berlioz et Wagner. Il meurt en 1893, au cours de la composition de son Requiem.

La messe solennelle
Saint-Cécile

“Quand, de par la marche fatale du temps, dans un lointain avenir, les opéras de Gounod seront entrés pour toujours dans le sanctuaire poudreux des bibliothèques, connus des seuls érudits, la Messe de Sainte Cécile, Rédemption, Mors et Vita resteront sur la brèche, pour apprendre aux générations futures quel grand musicien illustrait la France au XIXe siècle“.

Cet éloge funèbre prononcé par Camille Saint-Saëns à sa mort illustre l’importance de Charles Gounod dans la musique religieuse du XIXe siècle. Sa production religieuse, abondante, tient un rôle prépondérant dans toute la musique de son époque.

Son originalité et sa variété peuvent être attribuées à une profonde foi religieuse, servie par le grand talent d’un musicien, excellent mélodiste et subtil harmoniste, dont l’écriture chorale a su traduire, selon Henri Dutilleux, "cette pureté infinie, cette tendresse indéfinissable et ces accents d'une si grande vérité pour exprimer l'amour divin et l'amour humain."

Ses inspirations sont multiples, nourries de ses années d’études musicales, mais également de ses nombreuses rencontres. En 1839, à l'âge de vingt et un ans, lorsque Gounod remporte le Grand Prix de Rome et part pour la Ville Éternelle, il est déjà tenté par des compositions de musique religieuse. Les Chœurs de la Chapelle Sixtine font sur lui une grande impression. Il y découvre Palestrina ainsi que les musiciens de la Renaissance. Il est également fortement attiré par le chant grégorien.

Sa musique religieuse compte plus de deux cent œuvres : mélodies religieuses, messes de concert, oratorios, et messes plutôt destinées à la liturgie comme la Messe Saint-Louis composée à Rome en 1841, la Messe Pascale écrite à Vienne en 1843 et la Messe de Sainte-Cécile (1855) qui apporta la célébrité à son auteur dès sa première audition.

Parlant de l’écriture de cette œuvre, Charles Gounod écrit : « II n'y a qu'une difficulté, c'est de répondre par la musique aux exigences de cet incomparable et inépuisable sujet : la messe ! », et les propos de Camille Saint-Saëns, après la première représentation parisienne de la messe le 22 novembre 1855, jour de la Sainte Cécile, en l’église Saint Eustache, montrent qu’il a surmonté cette difficulté : « L'apparition de la Messe Sainte Cécile causa une sorte de stupeur. Cette simplicité, cette grandeur, cette lumière sereine qui se levait sur le monde musical comme une aurore, gênaient bien des gens. C'était par torrents que les rayons lumineux jaillissaient de cette Messe.»

La messe Sainte Cécile allie les traits majeurs de l’œuvre de Gounod : l’expression simple et dépouillée d’une foi profonde dans le Kyrie, l’unisson qui rappelle la communion de l’assemblée des fidèles dans le Credo, l’expression musicale et théâtrale, mélodique, chromatique et harmonique soulignant l’aspect dramatique de la messe dans le Crucifixus, le Miserere, et Et expecto.

John Leavitt (1956-)

Compositeur américain, chef d’orchestre, pianiste et professeur, qui cumule les diplômes des plus grandes universités américaines dans le domaine musical. Connu et reconnu aux États-Unis, il est membre de toutes les grandes instituions musicales américaines telle que « l’American Society of Composers, Authors, and Publishers ».

Il serait trop long d’énumérer tous les honneurs qui lui sont rendus. Disons simplement pour l’exemple, qu’en mars 2003, Leavitt a reçu le « Kansas Artist Fellowship Award » pour ses compositions, jouées dans le monde entier et qu’en 2010, il a reçu une bourse du « National

Endowment for the Arts», agence indépendante du gouvernement fédéral américain qui finance des projets d’excellence artistique, bourse destinée à lui permettre d’écrire une nouvelle œuvre chorale en l’honneur du 150e anniversaire de l’État du Kansas.


Aujourd’hui, John Leavitt est professeur et chef de chœur à la MidAmerica Nazarene University. Très apprécié du monde musical américain, il est régulièrement invité à diriger des œuvres à travers les Etats Unis et notamment au « New York’s Carnegie Hall » et au « Washington DC’s Kennedy Center for the Performing Arts ».

La Missa Festiva

La Missa Festiva, qui mériterait aussi le titre de missa brevis, est pourtant le fruit d’une longue gestation. John Leavitt commença en 1987 par le Sanctus, à la suite d’une commande passée à l’occasion de l’«International Choral Symposium» de Kansas City. Le Kyrie, l’Agnus Dei et la Gloria furent composés dans les années 1990. Plus tard encore fut écrit le Credo, pièce maitresse de cette œuvre. Puis les différents mouvements furent assemblés et orchestrés et cette orchestration fut encore revue ensuite par le compositeur.

Cette genèse explique peut-être la variété des styles qui caractérisent cette œuvre souriante, comme le laisse deviner son titre. On y entend l’esprit du chant grégorien, le son des cloches, mais aussi des accents néo-romantiques et jazzy.

E.J.